Après quelques mois dans le Berry, avions pris l’habitude de faire face aux inévitables « Le Berry ? ah, d’accord ! mais euh… c’est où ça ? ». Pour notre prochaine étape, c’est une toute autre histoire, puisque la Bretagne, a priori, ça parle à tout le monde… même aux Berrichons !

Logonna-Daoulas, le 15 mai

Mais il s’agit d’être précis, puisque la Bretagne, c’est immense : ça regroupe cinq départements, une grande diversité de langues et de paysages, et bien plus de traditions agricoles et culinaires que nous pourrions en couvrir ! Nous avons donc décidé de restreindre notre champ d’exploration à la Cornouaille bretonne. Bon, voilà que ça recommence : « La Cor-quoi ? c’est pas en Angleterre, ça ? ». 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Posons donc les bases dès à présent, dans ce cas : la Cornouaille bretonne est un des neuf pays historiques de Bretagne. C’est d’ailleurs pour cette raison que le drapeau breton comporte neuf bandes noires et blanches ! Le pays de Cornouaille, donc, est situé au sud-ouest de la Bretagne, et la capitale historique en est la ville de Quimper. Ancien comté et évêché, aujourd’hui, ce territoire correspond au deux-tiers sud du Finistère, auxquels s’ajoutent une portion du sud-ouest des Côtes d’Armor. Voilà pour les informations essentielles.

 

Pourquoi donc ce choix saugrenu, nous demanderez-vous, chers lecteurs, et pas quelque chose de simple, et compréhensible de tout non-breton, comme le Finistère, par exemple ? Eh bien figurez-vous qu’en Bretagne, ces pays historiques ont joué un rôle essentiel au cours de l’histoire : ils se sont établis entre le Vème et le Xème siècle, et ont constitué les principales unités économiques, politiques, culturelles et religieuses de la région pendant près de 1500 ans. D’ailleurs, les bretons se réfèrent généralement bien plus volontiers à ces pays historiques qu’aux départements pour définir leur origine et leur appartenance culturelle… quand ils ne vous donnent pas le nom du pays traditionnel dont ils viennent !

Et si les pays historiques correspondaient aux unités administratives et politiques, les pays traditionnels, dont les limites ne sont pas fixées officiellement, correspondaient plutôt aux unités de vie : les paysans bretons, à l’époque, ne se déplaçant guère plus loin qu’à une journée de cheval de leur village, les pays traditionnels correspondaient mieux à un bassin de vie et d’échanges directs entre habitants. Ces pays correspondent donc souvent à des coutumes locales, des types de danses, d’habits particuliers. Et de gastronomie ? eh bien, nous vous dirons dans trois mois si nous avons entendu parler de patrimoine culinaire breton, cornouaillais, ou bien plutôt glazig ou poher !

 

Notez bien tout de même que ces découpages n’ont plus d’existence administrative depuis 1790, lors de la création des départements, au lendemain de la Révolution française. Mais pour corser un peu le tout (on a déjà des pays historiques et des pays traditionnels qui de toute façon n’existent plus !), en 1999 apparaissent les pays dits de loi Voynet. Ces pays sont, pour simplifier, des découpages administratifs situés entre la communauté de communes et le département. Et dans le Finistère a été créé le pays de Cornouaille, qui ne regroupe qu’une portion du sud du pays historique de Cornouaille, soit la Basse-Cornouaille, la Haute Cornouaille étant elle partagée entre le pays du Centre Ouest Bretagne et le pays de Brest ! Vous suivez toujours ?

Bref, retenons que nous serons pour trois mois en Cornouaille bretonne, pays historique de Bretagne, et que nous nous intéresserons au patrimoine culinaire Cornouaillais, et à ceux qui s’en revendiquent… qu’ils habitent dans le pays loi Voynet, historique ou traditionnel !

Crédit photo : Agathe Lang

Cartes des pays de Bretagne Atlas de Bretagne, par le site Traezh ha tevenn

Carte du pays de Cornouaille loi Voynet : Finistère et solidaires

Image drapeau breton :  Site Celtitudes