Ce mardi matin, le village de St Août (prononcez Saintou) était sur notre route. Nous savions - merci Sylvie – que c’est ce jour là que s’y tient le marché, alors, sans savoir vraiment à quoi nous attendre, nous avons décidé d’y faire un tour. Et grand bien nous en a pris, puisque nous avons découvert un marché à l’ambiance unique, dont la réputation a manifestement dépassé les limites du Berry.  Sans aller jusqu’à dire que Jean-Pierre Pernault est notre source d’inspiration, nous ne sommes en tout cas pas les premières à passer par là !

 

Pour un jour de semaine du mois de janvier, dans un village d’à peine 800 habitants, l’affluence est impressionnante. L’ambiance est tranquille, chacun vaque à ses occupations, effectue ses emplettes à son rythme : fromages de chèvres de producteurs locaux, fruits et légumes, ou galettes de pommes de terre dans ces omniprésents camions-boulangeries qui commercialisent, entre autres, cette spécialité de la région.

Mais ce n’est pas tout : le marché de St Août a pour particularité d’avoir, sur la place principale, de nombreux vendeurs – particuliers ou professionnels - d’animaux vivants.

 

Les poules, oies, lapins, et même cochons s’entassent dans de petites cages disposées à même le sol, baigné par une belle lumière d’hiver. On est loin de la mode des poules parisiennes élevées sur les balcons, mais les pondeuses ont un sacré succès, et les plus beaux spécimens partent vite !

Sur le côté, un homme en surpantalon imperméable attrape à l'épuisette des poissons dans une grande cuve, avant de les disposer dans les bacs en plastiques alignés sur une grande table, à disposition du chaland. C'est ce qu'on appelle du poisson frais !

Au bout de la place, un chapiteau qui n’abrite plus grand chose fait office de bar, et les petits verres de rosé vont bon train. Athos*, manifestement attablé depuis les petites heures, se laisse prendre en photo bien volontiers.

« Vous auriez dû venir en décembre, je fais toujours le Père Noël ! Je peux faire l’abbé Pierre aussi, je suis un excellent abbé Pierre ! Vous me croyez pas ? »

 

Loin de nous l’idée de remettre sa parole en doute, mais Athos y tient, il sort son portefeuille et en extrait une image en noir et blanc, soigneusement rangée entre une pièce d’identité et une photographie de Marine Le Pen. Et effectivement, la ressemblance est assez saisissante, on croirait presque que l’Abbé Pierre visite régulièrement le marché de St Août !

Malgré l’ambiance pittoresque, le marché ne se contente pas d’offrir des produits purement berrichons à ses visiteurs. Nous discutons quelques instants avec Portos*, dont le stand à l’ambiance montagnarde tranche avec l’ambiance environnante. Soigneusement présenté sur une jolie luge en bois, il nous propose fièrement de goûter son gruyère suisse, primé par Slow Food à Monaco. Pour notre grand plaisir, nous sortons donc du Berry pour quelques instants gustatifs, pour rejoindre les vallées suisses du canton de Gruyère.

De retour dans le Berry, nous nous arrêtons devant une vitrine sur laquelle s’étalent en grosses lettres : Spécialité du pays, le Berryadin. Intriguées par cette spécialité dont nous n’avons pas encore entendu parler - malgré notre ancienneté de presque une semaine dans la région ! – nous entrons. Pas de chance, le berryadin semble être un secret bien gardé : Aramis*, le patron, n'est pas bavard à son sujet! Tout ce que nous saurons, c’est qu’il s’agit d’un chausson aux escargots, au fromage de chèvre et à la ciboulette. Mais pour le reste de la recette, des clous ! On devra se contenter de repartir avec deux petits chaussons dorés sous le bras, qui ont malencontreusement été mangés avant même de pouvoir être photographiés. Si vous voulez y goûter, il vous faudra donc vous rendre à St Août… Notre hypothèse pour l’ingrédient secret ? Agathe penche pour la moutarde, Marie pour l’ail…

En sortant de la boutique, avant de repartir, nous discutons quelques instants avec Milady*, qui attend avec son petit chien que sa sœur termine les commissions chez le boucher. Mais il semblerait que nous devions travailler encore un peu notre accroche, ou que nous nous soyons un peu trop imaginées dans Voyage en terre inconnue : à notre enthousiaste « alors, qu’est-ce qu’on mange, dans le Berry ? », Jeanine nous a répondu, un peu circonspecte : « oh, comme tout le monde, vous savez ! Des pâtes, souvent. Et puis des patates, des carottes… On n’est pas difficiles, ici ! »

"Le marché de St Août, on y trouve de tout!"

 

 

*N’étant pas encore complètement rôdées, nous n’avons pas toujours pensé à demander aux différents protagonistes leur prénom ; ils ont donc été librement attribués, nous vous laissons deviner notre source d'inspiration !

 

Par Agathe