Le mois de mars et son temps éclatant auront été l'occasion de faire un peu de tourisme : que diable, en trois mois il faut profiter des multiples attraits du Berry, et de ne pas avoir l'air trop cruche devant nos enthousiastes hôtes qui nous interrogent sur les mérites comparés du musée de la chemiserie à Argenton et de la maison de George Sand.

En étant tout à fait honnêtes, nous n'avons pas (encore) visité le fameux musée argentonnais ; en revanche, nous avons profité d'une vue admirable sur la Bonne-Dame, variétée locale de Bonne-mère dont le salut nous évoque distinctement le IIIème Reich...

Chasseneuil en Berry, le 42 mars

Malgré cette légère humidité dans nos chaussures, nous avons su garder la force morale nécessaire pour admirer l'éveil de la nature, l'éclosion des premières fleurs, le démarrage des premiers bourgeons, le chant des oiseaux qui célèbrent le retour de la vie et la douce mélodie des canons effaroucheurs qui tiennent à distance les redoutables cormorans des étangs poissoneux.

Mais avant de faire plus de tourisme, un peu de dur labeur (nous ne sommes pas non-payées à rien faire, tout de même !)... L'association Acoudéo, qui a créé un groupement d'achat, organisait une de ses quatre distributions annuelles, à l'occasion de laquelle nous avons exposé quelques-uns de nos portraits berrichons ! Ce GADA, ou "comment faire ses courses ailleurs qu'au supermarché, combine des objectifs environnementaux et économiques - faire fonctionner l'économie locale, réduire les emballages et assurer des prix réduits par l'achat en gros, tout en promouvant l'agriculture biologique -  à un aspect social : ces distributions sont l'occasion d'échanger et de favoriser les rencontres.

Et, cette fois-ci, nous avons échangé sur le patrimoine culinaire ! Un petit jeu du dictionnaire a permis à chacun de deviner la définition de quelques spécialités locales : le chanciaux - gâteau aux pommes - est ainsi devenu une crêpe accompagnée de glace à la lentille verte ; le genouillet - ancien cépage quasiment disparu - s'est lui transformé en charcuterie à base de genoux de porc roulés dans la chapelure !

Bon, évidemment, la Brenne est très belle, et la lumière (quand il y en a) est superbe. Dans une trouée de la forêt, on profite de la vue sur l'édifice le plus haut de France, le centre de transmissions de la marine de Rosnay (si vous aussi vous avez du mal à croire que l'édifice le plus haut est dans la Brenne et que la marine a un centre dans le Berry, je ne saurais que vous inviter fortement à lire cet excellent article d'une petite revue qui gagnerait à être plus connue : Wikipédia.

 

En revanche, à garder ainsi le nez en l'air, nous avons rapidement rencontré quelques problèmes. Car la Brenne, dont on vante (à raison) la beauté de ses mille étangs, présente une caractéristique qui peut êre handicapante au mois de mars : les chemins sont humides. Très humides. Le genre d'humidité qui se présente sous forme liquide, sur une couche profonde de 15 à 20 cm, et faisant de préférence toute la largeur du chemin. 

Mais, soyons sérieux, retournons aux joies du tourisme : ne dit-on pas que le mois de mars est le moment idéal pour une ballade dans la Brenne ? Eh bien figurez-vous que non. Et on ne saurait que reconnaitre la sagesse berrichonne dans l'absence d'un tel dicton.

D'abord, parce que par temps de giboulées, on peut prendre peur à la vue de certaines maisons pas vraiment bienveillantes...

Outres ces palpitantes aventures, le mois de mars a été plutôt clément avec le contenu de nos assiettes ! Nous avons non seulement lancé la nouvelle rubrique de la recette de Marie - retrouvez pour l'instant son tartare au chèvre ou encore ses gnocchis de lentilles - mais elle avait également la lourde tâche de réunifier gastronomiquement la Normandie : retrouvez sur son blog les délices normando-berrichons qu'elle a concocté !

Pour célébrer en grande pompe la fin de ce mois qui n'en a pas vraiment eu, si l'on en croit le calendrier Nuit Debout, nous avions décidé de retourner à la foire de Hérolles. Un récit plus détaillé suivra, mais cette fois-ci, nous ne nous sommes pas contentées d'être de simples spectatrices... et avons même été emportées par une fièvre acheteuse. Quatre nouveaux locataires ont donc élu domicile chez nous depuis le 29 mars : une affectueuse petite poule rousse, Aouen, l'oie Zabie (qui a bien failli être renommée "Travail"), la cane Assucre et Punk anar'.